Les amphibiens: l'eau, l'air, deux mondes pour vivre.
Après quelques jours de beau temps, c'est sous un ciel très nuageux que nous nous rendons à Irati pour notre sortie sur la thématique des amphibiens. Une fois arrivés à la maison des expositions à
côté du lac, nos participants ont droit à une petite introduction faisant la présentation du projet « Un dragon ! Dans mon jardin ! ». Cette démarche participative vise à recenser tous les amphibiens d'aquitaine en recueillant des données fournies par des particuliers. Autrement dit, si l'un d'entre vous trouvez un amphibien quel qu'il soit, prenez le en photo et envoyez la au CPIE le plus proche de chez vous avec sa localisation. Tous les CPIE d'Aquitaine participent à ce projet initialement lancé par le CPIE Cotentin puis reprit par l'Union Régionale des CPIE d'Aquitaine (URCPIE Aquitaine). La base de données qui sera ainsi alimentée, servira à la connaissance de ces espèces et ainsi à une meilleure protection de celles-ci. Aucun des participants de notre sortie ne pourra nier que cette journée aura nettement contribué à l'alimentation de cette base de données puisque dès la première flaque, nous trouvons une première ponte de Grenouille rousse.
Le début de notre marche se fait le long du ruisseau de Burdincurutcheta où nous trouvons notre bonheur. Pontes de Crapauds épineux (Bufo bufo spinosa), amplexus de cette espèce, Grenouille
rousse (Rana temporaria), Salamandre tachetée sp. fastueuse (Salamandra salamandra fastuosa), ... tout nous sourit aujourd'hui à tel point que nous avançons d'environ 200m en deux heures. Seule notre espèce endémique des Pyrénées, le Calotriton des Pyrénées (anciennement Euprocte, Calotritus asper) fait son timide mais à notre plus grand bonheur, nous finissons enfin par en trouver un camouflé au fond de l'eau. Notre petite stars se fait mitrailler de photographies avant de retrouver son milieu naturel ; les cours d'eau frais de montagne. L'heure tourne et il serait peut être temps d'avancer un peu afin de pouvoir atteindre le col de Sourzai. Nous nous arrêtons donc en haut de la petite mais costaud montée qui débute au col Burdincurutcheta pour nous restaurer. Une fois les piles rechargées, direction Sourzai à travers un brouillard à couper au couteau.
C'est en plein milieu de magnifiques zones humides que nous trouvons nos premiers Tritons
palmés (Triturus helveticus). Ces petits urodèles (amphibiens possédant une queue) sont facilement reconnaissable par leur queue aplatie, leur face inférieure jaune-orangée, leur gorge blanc-rosâtre et leur pâtes antérieures palmées en phase aquatique. Une fois encore, les appareils photos surchauffent puis notre ami retrouve ses eaux calmes. Le retour se fait le long du ruisseau de Sourzai où nous espérons voir une Grenouille des Pyrénées (Rana pyrenaica) mais en vain. Nous terminons donc sur une nouvelle observation de deux Calotritons qui nous ravie.
C'est après une belle randonnée pleine d'observations riches et diversifiées que nous nous séparons à la maison des expositions.
Le retour de Sai xuria
Comme chaque année, le CPIE Pays basque propose dans le cadre de son programme de sorties naturalistes, une sortie sur le thème du vautour percnoptère. Cette journée est l'occasion de découvrir
l'espèce, son écologie, sa répartition, ses effectifs,... mais aussi, lorsque la chance est avec nous, de nombreuses autres espèces de rapaces. Malgré un premier report pour cause de mauvais temps, la chance nous sourit aujourd'hui puisque notre petite balade sur le massif d'Oilandoi fut riche en observation.
Arrivés sur place, nos participants ont droit à une petite introduction sur l'espèce. Ils découvrent que le Vautour percnoptère est une espèce migratrice qui passe l'hiver en Afrique et plus précisément au Mali et en Mauritanie pour la plus grande partie des effectifs d'Europe occidentale. Il revient ensuite sur ses quartiers estivaux vers fin février début mars. Au Pays basque, on l'appelle Sai xuria ou Behi bideko emazte xuria ( la dame blanche du chemin des vaches). Il est représenté sur le territoire par 18 couples nicheurs mais aussi par des juvéniles en nombre parfois important qui restent cantonnés à deux dortoirs. Sur l'un d'entre eux, 45 individus ont été recensés en une journée.
Nous entamons l'ascension du massif quand tout un coup, c'est un autre rapace beaucoup plus rare qui fait son apparition ; le Gypaète barbu. Cet oiseau emblématique et très menacé nous fait l'honneur de sa présence exceptionnelle puisque seulement quatre couples nichent en Pays basque. Tous conscient de la chance que nous avons d'observer cette espèce, nous le suivons jusqu'à ce qu'il disparaisse au niveau du col d'Aharza. Un peu plus loin, c'est au tour d'un Aigle botté de faire son apparition. Sous les feux des projecteurs, ou plutôt des jumelles, nous le voyons se défendre face à un grand corbeau qui vient à la charge.
Au moment d'entamer la dernière montée qui nous permet d'arriver à la chapelle, chacun commence à se demander quand notre stars du jour daignera pointer le bout de son bec. Cette question ne se posera pas longtemps puisque au bout d'une petite centaine de mètres, un premier
adulte survole Oilandoi avant d'en rejoindre un autre et de disparaître dans un vallon. Ce fut une observation certes furtive, mais tellement agréable. Une fois parvenu au sommet, les estomacs crient famine. C'est derrière quelques rochers que nous trouvons refuge à l'abri du vent pour nous restaurer mais des nuages très menaçant se dirigent vers nous depuis le sud de la vallée. Nous entamons donc la descente après quelques éléments supplémentaires apportés sur l'espèce. Chaque participant connaît maintenant le régime alimentaire de ce nécrophage qui est composé de vraiment tout et n'importe quoi. En effet, le Vautour percnoptère est un oiseau opportuniste. Il se
nourrit aussi bien de restes de cadavres que de coléoptères, excréments,... Cette alimentation lui joue parfois de mauvais tours puisqu'il est trop souvent victime d'empoisonnement notamment en Espagne où les campagnes de lutte contre les « nuisibles » sont très fréquentes et finissent par toucher des espèces non visées comme les vautours protégés.
Après ces quelques explication supplémentaires, les premières gouttes commencent à tomber. Nous décidons donc de terminer notre journée à l'abri puisque les conditions deviennent mauvaises pour l'observation. C'est donc autour d'un bon chocolat chaud à la chocolaterie de Baigorri que se termine cette splendide journée.
Le gouffre Elutxeko: la vie sous terre
Après presque deux mois d'attente due à l'accident de notre cher Alexis, notre petite sortie
spéléologique à enfin lieu. Cela fait maintenant un mois environ qu'il pleut et aujourd'hui n'échappe pas à la règle. C'est donc une bonne chose que d'aller s'enterrer par un temps si exécrable. Le rendez-vous est donné au marché couvert de Saint Jean Pied de Port. Nous profitons de l'abri pour nous changer et nous équiper puis direction le gouffre d'Elutxeko à Saint Michel. Une fois arrivés à l'entrée du gouffre, un de nos participant ne se sent pas descendre à cause d'un petit problème de santé. Il me faut donc le ramener à Garazi. C'est pourquoi la partie où tout le monde descend sur corde stressé ou non ne pourra malheureusement pas apparaître sur ce compte rendu.
De nouveau tous ensemble, nous nous arrêtons rapidement pour déjeuner puis Alexis part en éclaireur pour équiper le puits suivant mais nous le voyons revenir rapidement. Les fortes pluies de
ces derniers temps ont considérablement fait augmenter le niveau de l'eau dans la cavité et le puits en question arrose vraiment, vraiment trop. Nous faisons donc demi-tour pour prendre la boucle que nous devions faire en sens inverse. Au début de la galerie, Alexis nous fait voir de magnifiques gours sur le sol. Ces concrétions formées de cristaux de calcites forment des barrages qui retiennent l'eau dans des flaques plus ou moins profondes en fonction de la taille du gour. Un peu plus loin, l'eau fait de nouveau son apparition dans la galerie au plus grand bonheur de certaines personnes qui regrettent leur choix de modèle de bottes qui remontent seulement à mi-mollet. Je ne citerai ni les personnes, ni les modèles de bottes en question mais quelques petits cri nous ont fait comprendre que l'eau était un peu froide. Plus loin dans notre progression, nous nous trouvons fasse à la fameuse cascade de l'ours qui donne une ambiance vraiment impressionnante à la grotte en raison d'un débit phénoménal.
Nous faisons demi tour pour ensuite emprunter la galerie nommée « galerie des merveilles ». Celle-ci porte bien son nom puisqu'elle est ornée de magnifiques concrétions. Après quelques photos de stalactites, stalagmites, draperies en tout genres, nous entamons le chemin du retour. Arrivés à la base du puits d'entrée, Alexis nous installe l'échelle qui nous permettra à tous de remonter. Chacun son tour, nous retrouvons la lumière du jour et bien sûr, la pluie qui va avec. Nous nous séparons au marché couvert de Saint Jean Pied de Port après une journée certes humides, mais riche en émotion.
Sortie plantes médicinales et aromatiques
Dimanche 24 avril nous nous sommes rendus à Anhaux afin de rencontrer Aitor de Portuondo, cultivateur de plantes médicinales et aromatiques.
C’est sous un temps humide que nous avons entamé la sortie. Nous nous sommes d’abord baladés dans la campagne environnante afin de découvrir quelques plantes sauvages et leurs vertus. Ainsi nous avons pu constater que beaucoup de plantes et fleurs se mangent, cuisinés ou en salade par exemple. Nous avons ensuite visité le jardin d’Aitor ou il nous a expliqué, avec passion, les vertus de différentes plantes et fleurs (dont certaines que l’on prend bien souvent pour de mauvaises herbes !) qu’il cultive, ou laisse pousser ici.
Durant cette après-midi nous avons dégusté et senti ; ail des ours, menthe poivrée, marocaine, citronnées…, mélisse, consoude, bourrache, … Découvrant ainsi de nouvelles saveurs, nous avons également pu apprendre avec grand intérêt de quels effets bénéfiques nous pouvions profiter :
L’angélique, qui aide à la digestion, la bourrache pour les maux des gorges, l’aubépine pour réguler la tension, ….
Après nous avoir exposé les diverses vertus des plantes qui nous entourent, nous nous sommes dirigés vers le séchoir, ou Aitor nous a expliqué les techniques de séchage, le tout en dégustant une tisane maison !
Vestiges protohistoriques et naissance du pastoralisme
Le 30 mars, le CPIE a organisé une sortie sur le thème des vestiges protohistoriques. Cette dernière a été réalisée en partenariat avec le Centre d’Education au Patrimoine Ospitalea d’Irissarry, représenté par Emmanuel Iñarra et deux de ses collègues.
Nous nous sommes donc rendus aux Aldudes, et plus précisément au col d’Eihartza, ou la visite a
débutée par notre première rencontre avec un monolithe. Il semble d’ailleurs que beaucoup d’entre eux n’ai jamais été dressés mais présentent tout de même des traces d’épannelage. On les trouve principalement dans les pâturages d’altitudes et le long des pistes pastorales, en particulier sur les lignes de crêtes. Certains de ces monolithes avaient donc un rôle de bornes, placés en limite de territoires pastoraux, déposés, vraisemblablement, par les premiers bergers. La preuve en est aujourd’hui, lors de notre balade, nous avons découvert des numéros sur ces monolithes, numéros qui se suivent dans un ordre numéraire logique. Lorsque le numéro ne se trouve pas sur un monolithe, une borne a été placée, elle aussi numérotée. C’est donc ici la preuve de la matérialisation d’une frontière.
Durant cette journée, nous avons également abordé la thématique des dolmens, des cromlechs,
des tumulus, des redoutes, etc. Nous avons pu découvrir certains d’entre eux au long de notre balade. Le cromlech, que nous avons pu voir de près, est un monument formé de pierres verticales (menhir) disposées en cercle. La plupart paraissent dater, en Europe notamment, de l'âge du bronze (2500 av. J.-C. à 1000 av. J.-C.), et sont restés utilisés ici pendant l’âge de fer. On ne peut aujourd'hui expliquer précisément la fonction de ce type de monuments, il faut être prudent et ne pas avancer de suppositions faciles dont nous n’aurions pas la preuve aujourd’hui. Les cromlechs sont présents partout dans le monde, mais de manière plus significative dans les régions ayant subit une influence Celte (Bretagne, Angleterre, Ecosse, etc).
Le dolmen, quant à lui, est un monument bâti en blocs de pierre, recouvert par une pierre plate. Il aurait fonction de sépulture, collective ou individuelle. Il est très difficile de dater les dolmens, car une grande partie d’entre eux a été vidée, pillée et transformée.
En fin de journée, nous avons pu étudier 2 redoutes ; la redoute d’Elhokadi et la redoute d’Elhokadiko hegia, qui sont de petites fortifications militaire. Ces dernières ont été érigées à des endroits stratégiques pour le territoire.
Ces différents repères géologiques et protohistoriques nous ont ainsi éclairés sur l’histoire de la région, de ces traditions pastorales ainsi que sur son découpage géographique.
Le puits salé d'Ugarré et les sources de la Nive
A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, le CPIE Pays basque a organisée une sortie vendredi 23 mars afin de découvrir le puits salé d’Ugarré (à Estérençuby), ainsi qu’une des sources de la Nive.
Cette découverte c’est réalisé en partenariat avec l’association « Les pierres du Pays basque », représentée par le géologue Jean-Claude Roux.
L’après-midi a débuté par la découverte du puits salé.
Afin d’approcher ce dernier, nous avons dû braver la forêt, puisque le fameux puits est discrètement installé au milieu d’un bois, à l’abri des regards dans un écrin de végétation.
Ce puits salé, plus connu sous l'appellation de « la saline d'Ugarré », est connu dès le XVIIe siècle, certaines traces attestent même de sa présence au moyen âge. Cette saline se trouvait autrefois sur la commune d'Aincille et fut réunie au domaine royal en 1683. L'exploitation du sel servait à l’époque, à la consommation locale.
Le puits servait également à alimenter un ancien site de bains qui se trouvait à l'emplacement actuel du parking du restaurant Les sources de la Nive à Estérençuby.
Ici, Jean-Claude Roux, a su nous faire partager son savoir sur l’histoire passionnante de ce puits salé, notamment sur les raisons de son implantation (raison géologique évidement !), sa gérance, la manière dont on y fabriquait le sel, ainsi que de nombreuses anecdotes.
Suite à cette balade pleine d’histoires, nous sommes retournés aux voitures afin de nous rendre à l’une des sources de la Nive.
Jean-Claude, nous a alors montré quelques « cailloux » qu’il avait dans le coffre de sa voiture. Suite à la découverte de ces derniers, nous en avons profité pour discuter de la place des carrières dans le territoire basque et de l’impact sur l’économie et le paysage local.
Suite à quoi nous avons apprit ce qu’est un vrai marbre, au sens géologique du terme.
Pour finir cet après-midi, nous sommes donc allés voir l’une des sources de la Nive. Cette dernière nous a donné à voir un spectacle rempli de poésie. L’eau sortant des rochers a impressionné et saisi par sa beauté, l’ensemble des participants.
Les rapaces nocturnes
En cette belle après midi de mars, le CPIE Pays basque a proposé une grosse journée sur le thème
des rapaces nocturnes. C'est à 14h que les premiers enfants arrivent pour un atelier construction de nichoirs. Des nichoirs pour qui ? Des nichoirs pour notre petite chevêche d'Athena. Avant de commencer, ils ont tout de même obligation d'assister à une petite présentation de l'espèce en question. 22 cm de haut pour une envergure d'environ 60 cm, ce petit rapace nocturne porte plusieurs surnoms : la chouette des pommiers, la chouette des murs, la chouette aux yeux d'or,... tant de dénominations qui en disent long sur les habitats et lieux de nidification qu'elle occupe. Les enfants découvrent donc que cette espèce fréquente essentiellement des zones bocagères où la biodiversité est riche et les insectes nombreux. Ils apprennent aussi qu'elle niche dans des cavités
d'arbres mais qu'on peut la trouver dans des trous de murs de maison ou de vieux bâtiments, dans des tas de pierres au sol,... On peut se demander pourquoi faut-il lui construire des nichoirs ? Tout simplement parce que les vieux arbres possédant des cavités présents en bordures de prairies ou dans des haies ont tendance à disparaître. C'est un manque à gagner pour l'espèce qui ne trouve plus de site de reproduction. Une fois que tout cela est dit et que les enfants commencent à s'impatienter, il serait peut être temps de passer à l'acte. Nous profitons des conditions météo idéales pour faire notre atelier à l'extérieur. Trois groupes se forment autour du matériel préalablement
préparé et se mettent au travail très rapidement. Chacun à son rythme, chaque groupe avance mais l'heure tourne. Nous finissons donc un nichoir que nous allons poser tous ensemble sur un magnifique châtaigner au dessus du château d'Etchauz. Une fois le nichoir en place, demi tour et c'est là que nos routes se séparent. Les enfants rentrent chez eux sauf le petit mais vaillant Xan qui nous accompagnera jusqu'au milieu de la nuit.
18h30 sonnent et la petite salle de la mairie de Baigorri se remplit peu à peu. Une quinzaine de personnes est venue assister au diaporama proposé. Cette fois, tous les rapaces nocturnes français sont présentés. Mais avant cela, il est intéressant de se pencher sur les nombreuses caractéristiques physiques de ces oiseaux de nuit. Après avoir découvert les caractères propres aux rapaces nocturnes qui les différencient des diurnes, nous nous intéressons à la vision des oiseaux de nuit. Il est tout de même fascinant d'apprendre pourquoi ces derniers voient aussi bien dans le noir. C'est en fait dû au nombre de bâtonnets dans leurs yeux qui est très élevé. Ces cellules photosensibles sont beaucoup plus nombreuses que chez nous les humains. Pour donner un exemple, la chouette hulotte en possède 90 000 au mm2 alors que nous n'en possédons que 10 000 au mm2. C'est ce qui permet aux rapaces nocturnes de voir 10 à 100 fois mieux que nous dans le noir. Il est tout de même important de préciser que ces oiseaux sont dans l'incapacité de voir dans l'obscurité totale (obtenu en laboratoire). En plus de cette vision excellente, les rapaces nocturnes entendent très bien puisqu'ils possèdent un nombre important de neurones auditifs mais pas seulement ! Les chouettes et hiboux ont leurs tympans décalés sur leur tête volumineuse ce qui leur permet de localiser les sons avec une grande précision puisqu'ils les perçoivent en stéréo. Autre particularité liée à l'audition ; les disques faciaux. Les rapaces nocturnes arborent sur leur face des plumes disposées en forme de disques. Ces disques jouent un rôle de parabole ce qui amplifie les sons. Tant de caractéristiques qui font de ces oiseaux de redoutables prédateurs de la nuit. Après cette présentation plutôt générale des espèces, nous nous focalisons sur les quelques espèces présentent en France. Elles sont au nombre de neuf et comprennent une seule espèce de la famille des tytonidés (l'Effraie des clochers) et huit espèces de la familles des strigidés (autres hiboux et chouettes).
Une fois que tout ce beau monde est présenté et que la nuit est tombée, il est peut être temps d'aller à leur rencontre. Tous munis de frontales, nous partons en direction de Pauleguy en empruntant le GR 10. Durant notre montée, nous avons la chance d'entendre à plusieurs reprises une chouette hulotte mâle située dans la forêt vers laquelle nous nous dirigeons. Une fois arrivé sur le chemin qui mène aux anciennes extractions de fer du filon de Lisketa, nous faisons un arrêt dans la forêt sous une palombière. Lampes éteintes, silence absolu, nous tendons tous l'oreille pour entendre le moindre petit hululement et par chance, deux chouettes hulottes nous font le plaisir de se manifester. Un mâle chanteur et une femelle lui répondant semble se trouver dans la forêt en bas d'Oylandoi. Nous profitons tous de cet instant apaisant puis redescendons au village. Sur le trajet du retour Xan est tout fier de montrer à ses parents le magnifique nichoir que lui et ses camarades ont construit de leurs petites mains puis nous voilà assez rapidement de retour au bourg. Une « chouette » journée se termine sous une fine pluie qui nous a gentiment épargné pour notre balade nocturne.
Balade en raquettes: faune sauvage et manteau neigeux.
En pleine période de grand froid, la neige ne manque pas au Pays basque. En effet, après quelques -10°C voire moins, accompagnés de précipitations, la forêt d'Iraty et ses alentours sont recouverts d'un
manteau blanc. En plus de ça, le soleil est au rendez-vous pour cette sortie sur le thème de la faune sauvage et de la neige. Que demander de plus ? Nous retrouvons donc notre guide François-Olivier Chabot (accompagnateur en montagne) au parking du lac à côté de la maison des expositions. Raquettes chaussées, crème solaire étalée, trois polaires sur le dos, top départ. Nous empruntons la route qui rejoint le col de Sourzay et nous arrêtons peu après pour observer les premières empreintes dans la neige. Il s'agit d'un ongulé. Ce sont les deux sabots au fond des traces qui nous permettent de confirmer ce premier indice. Les traces sont assez profondes ce qui nous indique soit que l'animal en question est lourd, soit que la surface sur laquelle repose tout son poids est faible. Les possibilités par rapport à notre situation géographique nous orientent vers le sanglier, le chevreuil ou le cerf. Au vu de l'épaisseur de neige, un sanglier aurait eu le ventre qui frotte sur celle-ci puisque c'est un animal court sur pattes. Il ne nous reste que le chevreuil et le cerf et c'est la taille importante des traces qui va nous faire élucider cette première énigme en jugeant à l’unanimité qu'un cerf est passé par là.
Nous poursuivons notre promenade tête baissée à guetter la moindre petite empreinte qu'auraient laissé nos amis les bêtes. Nous voilà maintenant devant une empreinte à cinq doigts qui
suit notre chemin. Il s'agit d'un plantigrade ce qui nous fait nous diriger vers soit un mustélidé soit le seul représentant français de la famille des viverridés ; la genette. Tous ces animaux possèdent des griffes non rétractiles mais seul le blaireau les marque réellement en raison de son poids qui peut atteindre les 20 kg. Nous l'enlevons donc de la liste des suspects. La longueur des empreintes étant d'environ 4 cm, nous pouvons éloigner la piste de la belette, du putois et du vison (qu'il serait étonnant de trouver ici). Il ne nous reste donc plus que la fouine, la martre et la genette. La genette possède un pouce décalé sur le côté ce que nous n'observons pas sur la trace en question. Nous laisserons donc un point d'interrogation sur l'identité de cet animal errant avec un petit penchant pour la fouine ou la martre.
Le soleil brille et plus surprenant encore, il chauffe ! Peut-être est-ce due à la pente prononcée que nous empruntons en direction d'Occabe qui nous fait enlever une, puis deux couches de vêtements. Nous poursuivons la promenade dans les bois en esquivant les tas de neige que les arbres nous lâchent sournoisement sur la tête. Nous marquons un petit arrêt entre les branches qui laissent entrevoir un magnifique ciel bleu pour écouter François-Olivier nous expliquer comment différencier des traces de chiens et de renards. Premier élément de distinction, la trace du chien a une forme plutôt ronde alors que celle du renard est ovale. Afin d'être sûr de nous, il suffit de tracer un trait juste sous les deux coussinets avant qui ne sont autre que le majeur et l'auriculaire. Si celui-ci vient à couper les deux autres coussinets, il s'agit alors du chien domestique. Dans le cas contraire, l'empreinte sera celle d'un renard (voir schéma ci-contre).
Dernière petite sueur sur une montée assez prononcée puis nous voilà sur le plateau des cromlechs d'Occabe où nous nous arrêtons pour nous restaurer. Après avoir repris des forces, François-Olivier nous explique le phénomène de formation des flocons de neige. Notre atmosphère contient en
permanence des micro particules de poussières en suspension. C'est là le départ de la formation des gouttes de pluies ou des flocons de neige lorsqu'il fait assez froid. Ces fines particules sont les noyaux autour desquels vont venir s’agglutiner des gouttelettes. Cet assemblage va constituer une plaquette hexagonale support du flocon. A chaque arête de cet hexagone, des aiguilles vont venir se greffer ce qui nous donne une forme géométrique à la fois complexe et fascinante. Il existe plusieurs formes de flocon qui se forment et se déforment en fonction de la température. François-Olivier nous explique que lorsque la température reste assez basse, les flocons conservent leur forme d'origine et c'est pourquoi nous ne pouvons les assembler sous forme de boule de neige. A contrario, lorsque ces flocons commencent à fondre, leur assemblage se fait plus facilement. Démonstration !
Notre guide creuse un trou dans la neige de façon à nous montrer les différentes couches. En surface, nous avons une neige chauffée par le soleil. La température est prise grâce à un thermomètre de cuisine et nous indique +0,4°C. La neige est facile à assembler sous forme de boule. Une quinzaine de centimètres dessous, une fine croûte de glace sépare la couche de surface de la seconde. Les flocons sont beaucoup plus légers et désolidarisés. La température y est de -0,4°C ce qui justifie le fait que nous ne puissions faire de boule de neige. Les flocons ont conservés leur structure originelle. Dernière prise de température cette fois au ras du sol. Le thermomètre nous indique +0,1°C. Étrange ? Pas tellement. C'est en fait ce que l'on appelle la géothermie. Le sol conserve une certaine chaleur qu'il restitue à la partie inférieure du manteau neigeux.
Il est temps de redescendre mais avant ça François-Olivier veut nous montrer une dernière petite chose pour nous rassurer avant la descente. Est-elle si engageante que ça ? Il sort de son sac un ARVA (Appareil de Recherche de Victime d'Avalanche). Ce sont deux petits boîtiers électroniques émetteurs et récepteurs d'ondes hertziennes. Lors de randonnées en zone enneigée, il est important de posséder ce type d'appareil pour des questions de sécurité. Chaque randonneur en possède un toujours réglé en mode émission. Ainsi, lorsqu'une personne se retrouve bloquée sous la neige, ceux qui sont restés en surface n'ont plus qu'à passer en mode réception et chercher la victime à l'aide de l'émission sonore. Selon les modèles, plus on approche de la victime, plus les blancs séparant les ''bips'' sont court ou plus leur volume est fort. Nous n'avons bizarrement trouvé aucun volontaire pour faire la victime et s'enterrer.
Une fois la démonstration faite, nous entamons la descente dans la forêt qui rejoint Sourzay et quelques glissades, quelques chutes plus bas, nous revoilà au niveau du lac. C'est l'heure de se séparer après une magnifique journée ensoleillée et riche en apprentissage. Un grand merci à François-Olivier de nous avoir transmis toutes ses connaissances ainsi qu'à tous les participants pour leur sympathie et leur bonne humeur.
Les barthes de la Bidouze
C'est dans le cadre de la journée mondiale des zones humides que le CPIE Pays basque a décidé de proposer une sortie aux barthes de la Bidouze sur la commune de Guiche. Cette journée sort un peu de l'ordinaire puisque ce sont quatre étudiants en BTSA Gestion et Protection de la Nature de l'institut Jean Errecart à Saint Palais qui vont animer la sortie. Après les présentations de chacun en grelottant par un temps glacial, nous entamons notre promenade sur la digue qui longe la Bidouze.
Les quatre étudiants enchaînent les interventions et nous dévoilent leurs connaissances sur ce milieu des Barthes et leur fonctionnement. La zone des Barthes est une zone temporairement ou
continuellement inondée. Elle se situe dans ce que l'on appelle le lit majeur d'un cours d'eau. Les Barthes ont une organisation assez complexe. Aux abords du cours d'eau se trouve la zone de Barthes hautes. Caractérisée par un rehaussement naturel dû à un dépôt d'alluvions, les Barthes hautes sont des terres utilisées pour l'agriculture car très fertiles. Elles séparent le cours d'eau des Barthes basses. Cette zone est quant à elle beaucoup plus humide. Une inclinaison naturelle fait écouler l'eau de pluie vers cette zone qui se situe au pied des coteaux qui sont la dernière composante des Barthes. C'est dans les Barthes que nous trouvons des milieux remarquables comme des aulnaies frênaies, des prairies humides, des mares et étangs,... Tout au long de notre promenade les quatre étudiants nous font découvrir ces milieux pour la plupart protégés.
Protégés car menacés et en l'occurrence par tout un panel d'espèces invasives. L'exemple sur lequel
nous nous arrêtons est le frelon asiatique dont un nid de taille assez imposante est venu s'implanter en haut d'un peuplier au bord de la Bidouze. Arrivé en 2004 dans une cargaison de poteries chinoises à Tonneins dans le Lot et Garonne, cette espèce s'est bien adaptée à notre climat. Un peu trop même! Véritable envahisseur, le frelon asiatique s'attaque aux abeilles ce qui ne va pas sans causer de gros dégâts dans les ruches de nos chers apiculteurs. Que faire à l'encontre de cette espèce? Nul ne le sait encore si ce n'est détruire ses nids pour éviter la naissance de fondatrices qui reconstruiront une nouvelle colonie l'année suivante. Le frelon asiatique n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Ragondin, Tortue de Floride, écrevisses exogènes, mais aussi Renouée du Japon, Jussie,... sont autant d'espèces qui menacent notre faune et flore locale et notamment celle des Barthes.
Nous continuons notre petit bonhomme de chemin et nous arrêtons sur un des nombreux aménagements qui ornent la digue sur laquelle nous marchons. Il s'agit là de clapets qui servent à évacuer l'eau des Barthes vers la Bidouze. Les Barthes basses servent en fait de vase d'expansion lors de pluies importantes. Les eaux de pluie y sont stockées pendant les périodes de crues puis s'écoulent dans un réseau de canaux pour se déverser dans la Bidouze une fois le niveau de celle-ci redescendu. Ainsi, de nombreuses inondations sont évitées. 
Après s'être restaurés à "l’abri" du froid dans un bois nous entamons le chemin du retour et faisons un petit arrêt au bord d'un étang où nous avons la chance d'observer sarcelles d'hiver, foulques macroule et poules d'eau. C'est certainement le froid qui les a fait venir ici comme de nombreux vols de vanneaux huppés qui nous survolent. C'est maintenant à nous de nous réfugier dans nos cocons douillets respectifs. Nous nous quittons donc dans un froid aussi glacial qu'au petit matin en remerciant nos animateurs de la journée qui ont su répondre aux questions et attentes de chacun.
Migration et hivernage de la grue cendrée
Temps très pluvieux au départ de Baïgorri mais espérons que ce sont nos chères montagnes qui retiennent ces gros nuages. Après s'être tous répartis dans les voitures à Bayonne (toujours sous une pluis battante), direction: les Landes. Au fil des kilomètres sur l'autoroute, le soleil fait quelques apparitions pour finalement prendre le dessus sur le mauvais temps. Ce qui donne le sourire à nos chers participants.
Une fois arrivés à Solférino (Landes), nous nous dirigeons vers le grand domaine agricole du Platiet. Cette immense étendue de maïsiculture est un des lieux de nourrissage de la Grue cendrée. Stupéfaction, il n'y a que quelques familles isolées qui glanent les grains de maïs laissés par les moissons. D'habitude, ce sont des centaines et des centaines de dames grises qui fréquentent ces lieux. C'est donc l'incompréhension totale quand nous voyons si peu de grues. Nous avons tout de même l'occasion d'observer quelques individus, perchés sur leurs grandes échasses. Ce ne sont pas moins de 1m20 de plumes pour une envergure d'environ 2m20. Certaines sont si proches que nous pouvons même contempler le petit béret rouge qu'arbore les grues sur leur tête. Il ne s'agit pas de plumes mais d'une zone de peau dénudée colorée par un afflut sanguin important.
Une fois s'être restauré, nous nous dirigeons vers le plateau du Tuc gaillat, autre plaine agricole généralement fréquentée. Malheureusement, les champs sont également désert. Mais où sont nos grues? De façon à patienter avant de nous rendre à l'observatoire, nous improvisons une petite promenade au sein de la réserve. C'est l'occasion d'aborder l'histoire de ce magnifique site. Avant de
devenir réserve nationale de chasse, le site d'Arjuzanx était un site d'exploitation minière. C'est une société Landaise, la MINELA, qui tirait du sol le lignite, charbon de médiocre qualité, pour alimenter une centrale thermique. Après 33 ans d'extractions, le nucléaire qui fait son apparition et les activités cessent. En collaboration avec l'Office National de Chasse et de Faune Sauvage, une restauration du site débute. Les terrils sont aplanis et le relief remodelé. Les excavations se remplissent d'eau et deviennent lacs, mares, étangs,... Et nous voilà aujourd'hui au coeur de cette magnifique réserve naturelle avec une nature qui a repris ses droits.
Une fois notre petite promenade terminée nous retrouvons Nathalie, écogarde de la réserve, qui va
nous accompagner le reste de notre journée. Nous nous rendons au coeur de la réserve et profitons du temps qui nous reste pour rencontrer les tondeuses de la réserve. Des tondeuses? Oui mais pas n'importe quelles tondeuses. Il s'agit d'highland cattle. Cette race rustique de vaches écossaises sont utilisées pour entretenir les milieux en broutant tout ce qu'elles trouvent. Mais ce n'est pas pour cela que nous sommes présents. Arrivés à la tour d'observation, Nathalie nous fait bénéficier de ses connaissances pointues sur notre oiseau de la journée. Puis voici venu le temps tant attendu du retour des grues au dortoir. Le dernier comptage nous informe que ce sont 16 000 oiseaux qui vont
nous passer au dessus de la tête. Au dessus? Pas tellement! Perchés à 20m de haut, nous avons la chance d'observer les grues planer à notre hauteur avant de se poser sur les prairies devant nous. Un spectacle certes bruyant mais majestueux avec un splendide coucher de soleil.
Une fois la nuit tombée, nous quittons l'observatoire mais les grues continuent à passer. Nous nous séparons au son des derniers passages avec des images pleins la tête et la mélodie des chants de la belle dame grise.






